Portrait d’une élue à votre service : Pascale Richard (New York)

Pascale Richard, conseillère des Français de l’étranger à New York et élue à l’Assemblée des Français de l’étranger, revient sur son action au service des communautés françaises de New York, du New Jersey, du Connecticut et des Bermudes. Elle y décrit son travail d’accompagnement des expatriés, de soutien à la vie associative et de coopération avec les élus pour répondre aux besoins locaux et renforcer le lien avec la France.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?

J’habite à New York depuis plus de 25 ans. Jusqu’au 1er juillet dernier, je dirigeais les évènements culturels et le centre culturel du Lycée Français de New York.

J’ai décidé de reprendre ma liberté pour mener à bien des projets personnels.
Auparavant j’ai été journaliste et dans mon dernier poste rédactrice en chef de France Amérique.

Je suis sur le conseil d’administration de la Maison française de l’Université de New York et sur celui de la Tessa school dans le New Jersey.

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivée à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?

Je me suis engagée avec En Marche dès 2016. Je me sentais en phase avec les valeurs portées par le candidat Emmanuel Macron. Dans la foulée, j’ai fait campagne avec le candidat aux élections législatives pour l’Amérique du Nord, Roland Lescure, qui a été élu. J’ai été sa suppléante pendant sa première mandature.

En 2021, je me suis présentée aux élections consulaires dans ma circonscription – New York,  New Jersey, Connecticut, et les Bermudes.  J’ai été élue à la tête de la liste En Marche, et, dans la foulée, élue à l’assemblée des Français de l’étranger où je siège à la commission, développement durable et commerce extérieur.

Que trouves-tu le plus satisfaisant dans ton quotidien d’élue ? Et au contraire, ressens-tu des frustrations particulières dans l’exercice de ton mandat ?

Le plus satisfaisant est d’aider mes concitoyens lorsque je peux répondre à leurs questions.

Tout aussi important est de participer à des événements organisés par des Français et de constater leur dynamisme et créativité, qu’il s’agisse d’événements culturels., de concerts comme pour Bastille Day ou de salons come celui de l’éducation bilingue.

Ce qui est frustrant c’est que nos concitoyens souvent ne nous connaissent pas et ignorent notre rôle. Conseiller des Français de l’étranger est une fonction qui reste méconnue. Pourtant, les conseillers font un travail  important en participant aux différents conseils consulaires, au conseil des bourses scolaires et ou celui des affaires sociales, par exemple.

Sur les réseaux sociaux et grâce à l’envoi de lettres d’informations régulières, je tiens mes concitoyens au courant de mes activités, notamment à l’assemblée des Français de l’étranger, deux fois par an à Paris.

Nous avons la chance à New York d’avoir des autorités consulaires coopératives et dynamiques et c’est un plaisir de travailler avec les équipes.

Je prends mon rôle à cœur à la fois pour répondre aux courriers de  demandes de renseignements ou pour être présente aux évènements importants comme la  cérémonie de nationalité ou les visites de certains ministres ou élus.

As-tu une anecdote précise à nous partager sur tes missions en tant qu’élue des Français de l’étranger ? Sur la manière dont tu aides régulièrement nos concitoyens par exemple.

Il y a beaucoup de questions venant de retraités qui essayent de retrouver leurs droits à la retraite en France. J’ai eu l’occasion d’aider quelques personnes en les aiguillonnant vers les bons interlocuteurs. Souvent notre travail est ce rôle d’orientation.

À l’assemblée des Français de l’étranger, je suis fière , avec mes collègues,  d’avoir relancé le prix développement durable et décerner des bourses à quelques entrepreneurs dans les projets s’inscrivent dans le domaine du développement durable et participent à la lutte contre les conséquences du changement climatique sur le terrain.

Comment travailles-tu avec les représentants politiques de ton territoire, tels que les députés et sénateurs des Français de l’étranger, pour coordonner vos actions ?

J’ai la chance comme ancienne suppléante de Roland Lescure d’être restée proche de lui et de son suppléant aujourd’hui député, Christopher Weissberg avec lequel j’échange régulièrement et qui était à New York il y a encore quelques semaines.

Je soutiens aussi les initiatives de notre sénatrice, Samantha Cazebonne  en matière d’éducation.

Je rencontre les élus lors de l’AFE pour appuyer nos dossiers.

Enfin notre nouvelle ministre, Eléonore Caroit, étant une ancienne française de l’étranger, on se réjouit de l’avoir à nos côtés. Un de ses premiers voyages a été à NewYork. Je soutiens sa proposition de loi sur les français de l’étranger qui on l’espère verra le jour.

Les associations locales jouent souvent un rôle clé dans l’animation de la vie française à l’étranger. Comment travailles-tu quotidiennement avec elles ?

En tant que responsable des événements culturels au Lycée Français de New York j’ai eu la chance de travailler avec de nombreuses associations ayant organisé plusieurs années de suite une journée culturelle francophone. J’ai aussi pu monter des projets culturels avec des associations comme une  pièce de théâtre avec l’association des Bretons  de New York BzH New York sur la vie d’Anne de Bretagne, ouverte à tout public. Je soutiens les activités d’Accueil New York, récemment l’accueil des nouveaux au Consulat.

Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ? Quelles sont tes priorités pour la suite de ton mandat ?

La situation très changeante, ces jours-ci aux États-Unis ne facilite pas la vie au quotidien. On est surtout très inquiets de la vie chère. Tous les efforts de solidarité doivent être menés pour aider les Français en difficulté. On n’a pas cette image de New York, et pourtant il y a des personnes âgées, des malades ou des handicapés qui vivent des situations compliquées.

J’espère aussi au cours de mon nouveau mandat faciliter et soutenir la mise en place d’ évènements qui créent du lien entre les Français de la circonscription.
Enfin je vais continuer à accompagner la dématérialisation, notamment la mise en place de France consulaire et le vote par Internet en tenant les Français informés.

Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?

Nous sommes fiers de nos administrations, notamment consulaires et diplomatiques, et j’espère que cela continuera. Pour autant, ne pas dépendre de l’Etat c’est ce que l’on apprend aux États Unis.

Il y a une résilience des gens qui n’attendent pas tout de leur gouvernement et dont les Français pourraient s’inspirer.

C’est notre relation à l’État qui doit évoluer.

D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?

La bataille sur l’âge du départ à la retraite me paraît un point de blocage regrettable. Vu des États Unis où la retraite est à 67 ans, et à taux plein à 70 ans, cela parait un combat d’arrière garde.

Je pense que les partis ont besoin d’apprendre à négocier. Je leur recommanderais bien l’ouvrage de mon ex-mari, le traité de la négociation du Professeur Hervé Cassan.

Enfin, en tant que Française de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?

Je viens régulièrement car mon fils habite à Paris. L’été, j’aime aller aux festivals culturels comme le festival d’Avignon.

Pour l’AFE je suis venue deux fois par an à Paris en octobre et en mars. Mars prochain sera la dernière session.