Portrait d’une élue à votre service : Myriam Geneviève Benkerroum Devidet (Fès)

Myriam Geneviève Ben Kerroum-Devidet, cheffe d’entreprise à Fès et conseillère des Français de l’étranger, revient sur son engagement au service des Français de sa circonscription. Elle met en avant son action de proximité pour écouter, accompagner et défendre les besoins de la communauté auprès des institutions.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?

Basée à Fès, je dirige un groupe international dédié au développement et à la promotion des sports. Mon parcours professionnel s’appuie sur une forte dimension opérationnelle : je suis une femme de terrain, convaincue que la proximité, l’écoute et la présence humaine sont essentielles pour construire des projets solides et durables.

Engagée depuis 2012 au sein de l’Union des Français de l’Étranger (UFE), association reconnue d’utilité publique, j’exerce la fonction de Présidente régionale. Dans cette mission, je représente les membres aux commissions consulaires, les échanges directs, d’accueil , d’événements, de convivialité occupent une place centrale. Je crois profondément que la confiance se tisse dans la relation humaine, au plus près de nos compatriotes, pour comprendre leurs besoins et les accompagner efficacement.

Depuis 2022, je suis Élue Conseillère des Français de l’Étranger (CdFE). Cet engagement institutionnel s’inscrit dans la continuité de mon action quotidienne sur le terrain. Ma priorité : représenter, défendre et soutenir les Français établis hors de France grâce à un travail constant de présence, de dialogue et de collaboration avec les acteurs locaux et les institutions. »

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivée à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?

Je me suis orientée vers la politique parce que je voulais aller au-delà de l’accompagnement associatif et pouvoir agir concrètement pour améliorer le quotidien des Français établis à l’étranger. En rencontrant régulièrement nos compatriotes à Fès et dans la région, j’ai pris conscience de leurs besoins, de leurs interrogations et parfois de leurs difficultés.

Mon engagement politique n’est pas motivé par une ambition personnelle, mais par la volonté d’être une présence réelle et proche sur le terrain, de porter leur voix au niveau institutionnel et de défendre leurs intérêts de manière efficace. Pour moi, la politique doit naître du terrain, des échanges, de l’écoute et de la confiance : c’est exactement ce qui a guidé mon parcours et mon choix de m’investir dans la mission de Conseillère des Français de l’Étranger.

+ de 70 % des Français ici dans la 2 eme circonscription consulaire ont un double ancrage culturel. Moi, étant d’origine marocaine, je peux m’identifier à eux et comprendre leur quotidien. Je me suis donc engagée en politique pour être présente, à l’écoute et vraiment pour agir concrètement à  leur côté.

Que trouves-tu le plus satisfaisant dans ton quotidien d’élue ? Et au contraire, ressens-tu des frustrations particulières dans l’exercice de ton mandat ?

Ce que je trouve le plus satisfaisant, c’est le contact direct avec les Français de ma circonscription. Être à leur écoute, comprendre leurs besoins, les accompagner dans leurs démarches et parfois simplement échanger avec eux lors d’une rencontre ou d’une visite me procure une grande satisfaction. Voir que mon action peut réellement faciliter leur quotidien, apporter des solutions concrètes ou rassurer des familles, c’est ce qui donne tout son sens à mon mandat.

Bien sûr, il y a des frustrations. La principale tient à la distance parfois existante entre les décisions institutionnelles et les réalités vécues sur le terrain. On aimerait souvent que certaines solutions aillent plus vite ou soient plus adaptées aux situations locales. Mais ces moments renforcent ma conviction : il est essentiel d’être présente, de continuer à porter la voix de nos compatriotes et de rester au plus près de leurs attentes, même lorsque le chemin est parfois long.
Le rôle et l’importance des commissions consulaires

Les commissions consulaires jouent un rôle fondamental dans la vie de nos compatriotes. Elles prennent des décisions concrètes qui ont un impact direct sur leur quotidien : attribution des bourses, aides sociales, questions de sécurité… Chaque décision compte, pour les jeunes, les familles, mais aussi pour les personnes isolées ou malades.

Avec notre Consule, les échanges sont essentiels. Ils permettent de relayer efficacement les préoccupations de nos compatriotes et de trouver des solutions adaptées à leurs besoins. La proximité et le dialogue sont au cœur de notre action, pour que personne ne se sente oublié.

Aujourd’hui, certains défis demeurent : l’administratif, l’éloignement du consulat, la dématérialisation et l’utilisation d’Internet peuvent compliquer l’accès aux services pour certaines personnes. C’est pourquoi nous attachons une grande importance à l’accompagnement sur le terrain, le soutien direct et la communication claire, afin que toutes les décisions prises aient un véritable impact pour ceux qui en ont besoin. »

As-tu une anecdote précise à nous partager sur tes missions en tant qu’élue des Français de l’étranger ? Sur la manière dont tu aides régulièrement nos concitoyens par exemple.

Il y a quelques mois, une famille française installée à Fès m’a contactée : leur enfant venait d’être accepté dans un programme scolaire en France, mais ils rencontraient de grandes difficultés pour finaliser les démarches administratives depuis le Maroc. Entre les traductions de documents, les attestations à fournir et la complexité de la plateforme en ligne, ils étaient très stressés et craignaient de perdre cette opportunité.

J’ai pris le temps de les rencontrer, de passer en revue chaque document, de les guider pas à pas dans la procédure en ligne, et même de coordonner avec le consulat pour accélérer certaines démarches. Quelques semaines plus tard, l’enfant a pu intégrer son programme sans encombre, et la famille m’a confié à quel point cette aide avait été précieuse pour eux.

Pour moi, ce type de mission illustre parfaitement ce qui est le plus gratifiant dans mon rôle : être sur le terrain, écouter, comprendre et trouver des solutions concrètes pour nos compatriotes, qu’ils soient jeunes, isolés ou confrontés à des difficultés administratives.

Comment travailles-tu avec les représentants politiques de ton territoire, tels que les députés et sénateurs des Français de l’étranger, pour coordonner vos actions ?

Dans mon rôle d’élue des Français de l’étranger, la collaboration avec les députés et sénateurs est essentielle pour garantir que les actions que nous menons sur le terrain soient cohérentes et efficaces. Nous nous tenons régulièrement informés des dossiers prioritaires pour notre circonscription et partageons nos observations issues du terrain.

Par exemple, lorsqu’une question touche la sécurité, les aides sociales, l’éducation ou l’accès aux services consulaires, nous échangeons pour identifier les solutions les plus adaptées et les démarches à engager. Cette coordination permet de remonter les problématiques concrètes auprès des institutions françaises, de défendre les intérêts de nos compatriotes et de veiller à ce que les décisions prises correspondent à leurs besoins réels.

Au quotidien, je privilégie le dialogue régulier, les réunions de travail et la communication transparente, pour que nos actions soient complémentaires et que les Français de Fès et de la région bénéficient d’un accompagnement cohérent et efficace.

Nous travaillons en étroite collaboration avec les députés et sénateurs des Français de l’étranger, grâce à des webinaires, nos réseaux et leurs visites sur le terrain. Ils nous tiennent informés des avancées sur des sujets clés comme actuellement sur la protection sociale, et viennent écouter, accompagner et soutenir notre action pour que les décisions nationales correspondent aux besoins concrets des Français de Fès et de la région.

Les associations locales jouent souvent un rôle clé dans l’animation de la vie française à l’étranger. Comment travailles-tu quotidiennement avec elles ?

Les associations locales jouent souvent un rôle clé dans l’animation de la vie française à l’étranger. Comme  je l’ai dit je suis présidente de l’UFE c’est une dynamique associative qui rassemble qui les encourage dans leur activités d’entreprenariat ou autres.

Nous sommes dans une dynamique associative quotidiennement avec eux.
Il y a aussi l’association de Bienfaisance dont je suis membre du Bureau qui accueille nos aînés en difficulté financière et parfois en grande souffrance, isolés ou malades. Je les écoute, je passe le petit coup de fil qui fait du bien. La présidente de la Bienfaisance de Meknès est une jeune femme très active qui est vraiment proche des valeurs d’entraide.

Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ? Quelles sont tes priorités pour la suite de ton mandat ?

Les Français de Fès et de la région vivent parfois loin des services consulaires, avec des démarches difficiles ou des situations de vulnérabilité. Mes priorités sont claires : proximité, accompagnement, soutien aux initiatives locales et protection sociale, pour que leur voix soit entendue et que leur quotidien s’améliore concrètement. Comme pour tous les FdE nous avons deux défis principaux que nos politiques doivent prendre à bras le corps la préservation de la CFE et du réseau AEFE.

Je souhaite poursuivre mes actions au service des Français de l’étranger, mes compatriotes. Au fil de mon premier mandat, j’ai appris à mieux les connaître : leur histoire, leurs préoccupations, leurs besoins. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre notre circonscription, d’acquérir de l’expérience et de connaître nos élus, et de me faire connaître et reconnaître sur le terrain.

Aujourd’hui, je dispose des outils et de la connaissance nécessaires, mais il reste encore à persévérer : continuer à écouter, comprendre et agir pour rendre la vie de nos compatriotes plus sereine, plus confiante, pour eux et pour leurs enfants. Mon engagement reste guidé par cette volonté : être présente, efficace et proche d’eux au quotidien.

Être au service des Français de l’étranger n’est pas un travail mais une vocation.

Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?

Vivre au Maroc et en France permet de constater des différences culturelles et sociales importantes. Au Maroc, j’admire particulièrement :

  • La chaleur humaine et le sens du lien social : les relations, les échanges et la solidarité au quotidien sont très présents, ce qui crée un vrai sentiment de communauté.
  • La capacité d’adaptation et l’ingéniosité : face aux défis du quotidien, beaucoup de personnes trouvent des solutions créatives et pragmatiques.
  • La richesse culturelle et le respect des traditions : le Maroc valorise la famille, le partage et le savoir-vivre au quotidien.

En comparaison, la France dispose d’une organisation administrative structurée et d’un système social avancé, mais elle pourrait parfois s’inspirer du Maroc sur certains aspects humains et sociaux :

  • Mettre davantage l’accent sur la proximité, la chaleur des relations et la solidarité au quotidien.
  • Encourager une plus grande flexibilité et créativité dans la manière d’aborder les problèmes locaux.
  • Valoriser le partage intergénérationnel et le lien social, qui renforce la cohésion dans la communauté.

Pour moi, ces différences ne sont pas seulement culturelles : elles offrent aussi des pistes d’inspiration pour renforcer l’efficacité et l’humanité dans la vie publique et associative en France, tout en préservant ses valeurs et son organisation.

D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?

La vie politique en France est riche et complexe. Elle reflète la diversité des opinions et des attentes des citoyens, ce qui est une force, mais peut parfois ralentir la prise de décision et la mise en œuvre de solutions concrètes.

Je constate que la proximité avec les citoyens et le terrain est essentielle, et qu’il est nécessaire de continuer à renforcer le dialogue et l’écoute pour que les politiques répondent réellement aux besoins des Français.

En tant qu’élue des Français de l’étranger, cette observation me conforte dans l’idée que la politique doit rester au service des personnes, avec transparence, efficacité et engagement, et non se limiter à des discours abstraits. Mon engagement vise à être une voix concrète et à l’écoute, capable de transformer les décisions politiques en actions tangibles pour nos compatriotes, qu’ils vivent en France ou à l’étranger.

Enfin, en tant que Française de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?

Je garde le lien avec la France de plusieurs manières. Ma famille y est un lien fort, puisque j’y ai des enfants, et nous y allons régulièrement pour passer du temps ensemble.

Par ailleurs, je me rends à Paris pour assister aux réunions et rencontres institutionnelles et associatives ce qui me permet de rester connectée aux décisions politiques et aux initiatives nationales. Ces déplacements sont essentiels pour rester informée, entretenir les relations avec les élus et institutions françaises, et agir efficacement pour nos compatriotes à l’étranger.

Ainsi, vivre à l’étranger ne signifie pas être éloignée de la France : au contraire, c’est un engagement permanent pour maintenir ce lien et représenter au mieux nos compatriotes.

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