Portrait d’une élue à votre service : Marlène Collette (Neuchâtel)

Marlène Collette, avocate et universitaire installée à Neuchâtel, revient sur son rôle de conseillère des Français de l’étranger auprès du Consulat de Genève. Elle insiste sur l’importance du contact de terrain, de la proximité avec la communauté et de son engagement dans le tissu associatif pour mieux répondre aux besoins des Français de sa circonscription.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?

J’habite Neuchâtel depuis 2008. Je suis avocate et universitaire. Je travaille à Neuchâtel dans le cadre de mon activité d’avocate et à l’Université de Fribourg pour l’aspect universitaire. Je partage donc ma vie professionnelle entre Neuchâtel et Fribourg !

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivée à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?

Depuis toute petite, j’ai toujours voulu m’engager en politique mais je ne me retrouvais pas particulièrement dans les partis politiques jusqu’à l’arrivée d’En Marche que j’ai rejoint en 2017.

Mon engagement politique pour les Français de l’étranger a, dès le début, été dicté par la volonté d’aider mes compatriotes que ce soit dans le cadre de démarches administratives (parfois à faire aussi en France) ou alors tout simplement pour leur fournir des renseignements.

J’ai la chance d’avoir un réseau et une formation professionnelle qui me permettent de trouver des solutions à des problématiques que les Français vivant à l’étranger peuvent aussi rencontrer alors, je me suis dit que ce serait une bonne idée d’en faire profiter mes compatriotes qu’ils soient français ou franco-suisses !

Que trouves-tu le plus satisfaisant dans ton quotidien d’élue ? Et au contraire, ressens-tu des frustrations particulières dans l’exercice de ton mandat ?

Ce qui me plaît particulièrement dans le fait d’être une élue Conseillère des Français de l’étranger, c’est d’être avant tout une élue de terrain. Je compare souvent mon mandat à celui d’un maire ou d’un conseiller municipal. C’est le contact et la proximité avec les Français qui prime ! Que ce soit pour des questions de bourses scolaires ou de renouvellement de papiers d’identité par exemple, je suis là pour essayer d’aider et de mettre de l’huile dans les rouages !

Je ne ressens pas de frustrations particulières si ce n’est parfois de ne pas pouvoir aider plus ! Certaines questions ne relèvent pas de notre compétence, dans ce cas, il s’agit avant tout d’orienter efficacement la personne concernée soit de transmettre directement aux autorités compétentes administratives ou consulaires.

As-tu une anecdote précise à nous partager sur tes missions en tant qu’élue des Français de l’étranger ? Sur la manière dont tu aides régulièrement nos concitoyens par exemple.

Par rapport aux autres élus des Français de l’étranger en Suisse romande, je suis la seule à ne pas vivre à Genève ou dans le canton de Vaud. Je suis l’élue qui représente tout le reste de la Suisse romande ! Ce qui fait que je doive parfois nuancer les propositions de mes collègues car je fais en effet face à des situations un peu différentes que celles existantes à Genève ou Vaud. Par exemple, pour beaucoup de Français vivant à Neuchâtel, à Fribourg ou au Jura, se rendre au Consulat de France à Genève, ce n’est pas très pratique. Il y a au minimum 1h30 de train pour l’aller et même chose pour le retour. Du coup, il n’est pas rare qu’une simple démarche de renouvellement de papiers d’identité prenne des allures de parcours du combattant. Et la situation est encore plus compliquée pour les personnes âgées qui ont parfois des difficultés à se déplacer. Au départ de Neuchâtel, j’ai ainsi déjà accompagné une dame d’un certain âge au Consulat de Genève. C’était une vraie expédition pour elle car elle était complètement perdue et ceci même dès la prise de rendez-vous sur le site internet du Consulat. Je dois donc parfois gérer à la fois une fracture géographique et une fracture numérique.

Comment travailles-tu avec les représentants politiques de ton territoire, tels que les députés et sénateurs des Français de l’étranger, pour coordonner vos actions ?

Quand je suis interpellée par des problématiques spécifiques comme les connexions ferroviaires entre la France et la Suisse par exemple, j’informe notre député Marc Ferracci. D’une façon générale, les contacts ont toujours été très fluides tant avec Marc Ferracci que Marie-Ange Rousselot.

Les sénateurs des Français de l’étranger comme Samantha Cazebonne sont aussi de très bons relais quand il s’agit de questions plus globales comme l’éducation et le financement des écoles françaises à l’étranger.

Les associations locales jouent souvent un rôle clé dans l’animation de la vie française à l’étranger. Comment travailles-tu quotidiennement avec elles ?

Je suis très impliquée dans le milieu associatif en Suisse romande depuis de nombreuses années : d’abord à la Société française de Neuchâtel dont je suis la secrétaire et au sein du comité de l’Union des Français de Suisse.

Cet engagement associatif est extrêmement important car il permet aussi d’avoir un contact avec la communauté dans un contexte autre que celui d’élue. J’ai toujours un pied sur le terrain et les gens peuvent me parler dans un cadre très informel, me rendant ainsi très accessible.

Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ? Quelles sont tes priorités pour la suite de ton mandat ?

Comme pour tous les Français de l’étranger, le grand challenge c’est le renouvellement des papiers d’identité d’autant plus quand on est à distance d’un Consulat. A Neuchâtel, nous avons encore l’opportunité de pouvoir aller à Morteau refaire ses papiers, ce qui est plus proche et plus pratique.

L’autre grand défi, c’est bien sûr tout ce qui concerne le numérique et, de ce point de vue, il va falloir faire un travail d’information important pour que les Français de l’étranger et notamment ceux de Suisse téléchargent l’application France identité et fassent certifier leur identité de façon numérique. Cela facilitera beaucoup leurs démarches administratives (élections, impôts, etc.) mais il y a un réel travail pédagogique à faire.

Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?

Les différences sont nombreuses en commençant évidemment par le fait que la Suisse est un état fédéral et que les cantons disposent d’un certains nombres de compétences dont sont dépourvues les collectivités françaises.

La mentalité est aussi particulière puisque nous vivons dans un pays où il existe quatre langues officielles. Pour se comprendre et s’entendre, la culture du compromis est donc un élément important ! Et, je dirais que c’est cet aspect qui manque en France. La confrontation systématique n’est pas une solution !

D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?

Vue de Suisse, la situation est assez incompréhensible. En effet, l’image donnée est celle de préférer prendre le risque de renverser un gouvernement et donc de créer une grande instabilité politique plutôt que d’œuvrer pour l’intérêt général et le bien commun ! C’est dommage et c’est même dangereux car cela fait bien l’affaire des extrêmes qui cherchent avant tout la division.

Enfin, en tant que Française de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?

Je suis née et j’ai grandi dans la région parisienne où j’ai toujours des attaches familiales. Je vais régulièrement en France car mes racines culturelles y sont aussi ! Et, puis la Suisse étant un pays frontalier, les contacts sont de toute façon toujours très nombreux et constants.