Portrait d’un Français engagé : Thierry Bilbault (Sunny Isles Beach, Floride)

Thierry Bilbault, installé en Floride depuis plusieurs années, est un professionnel du secteur pharmaceutique au parcours international riche, marqué par des expériences aux États-Unis, en Europe et au Canada. Très attaché à la communauté française, il souhaite mettre son expertise et son expérience des réalités de l’expatriation au service des Français établis en Floride. Dans ce portrait, il partage son engagement, sa vision du rôle d’élu consulaire et son analyse des défis concrets auxquels font face les Français aux États-Unis.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?

Je réside en Floride, à Sunny Isles Beach (entre Miami et Fort Lauderdale) depuis 2020. Je suis co-fondateur du cabinet de conseil JT Biopharma Partners, où j’interviens comme consultant dans le domaine du développement pharmaceutique et de la gestion de sous-traitants de production pour des sociétés de l’industrie pharmaceutique et de biotechnologie.

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?

Mon parcours a été très lié à l’international. Après un doctorat de biologie moléculaire et cellulaire à l’Université Clermont-Ferrand II, j’ai poursuivi mes recherches à l’Université d’Utah avant de débuter dans l’industrie pharmaceutique en Californie, puis au Texas et au New Jersey. J’ai ensuite travaillé en Suisse, au Canada, dans le Massachusetts et enfin en Floride.

Ces expériences m’ont permis d’apprécier les services consulaires et m’ont donné envie de m’impliquer pour contribuer au soutien des Français de l’étranger. Mon engagement politique est récent, mais j’ai grandi dans une famille très impliquée dans la vie publique à Nevers. Je souhaite aujourd’hui reprendre ce flambeau et m’engager à mon tour.

Le tissu associatif à l’étranger est particulièrement dense, quelle est ta vision pour soutenir et mettre en avant ces initiatives locales ?

La Floride accueille une communauté française dense et très organisée, avec de nombreuses associations actives, notamment autour des établissements scolaires, des alliances françaises ou d’initiatives culturelles et solidaires.

Ma priorité serait de cartographier ces associations pour mieux comprendre leurs besoins et valoriser ce qui existe déjà. Il s’agit de relayer leurs actions auprès des institutions, des médias communautaires et des acteurs locaux. Mon approche repose sur un partenariat sincère : soutenir leurs initiatives, faciliter l’accès à des financements ou à des contacts consulaires, sans instrumentalisation politique.

Que penses-tu de la représentation politique des Français établis hors de France ? Quel devrait-être selon toi le rôle d’un conseiller des Français de l’étranger ?

La représentation politique des Français de l’étranger souffre d’un manque de visibilité et reste souvent mal comprise. La dispersion géographique rend l’ancrage local plus complexe, et beaucoup de Français ignorent encore le rôle des conseillers des Français de l’étranger.

Un conseiller doit avant tout être un relais d’alerte et de remontée d’informations vers les élus nationaux, notamment sur les sujets concrets : accès aux services consulaires, scolarisation, protection sociale ou fiscalité. Il doit aussi contribuer à renforcer le réseau communautaire et créer des passerelles entre les différents profils de Français.

Je souhaite m’engager pour exercer une représentation active, en portant des positions claires sur les sujets qui concernent nos compatriotes.

Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ?

Le premier défi concerne l’accès aux services consulaires, avec des délais parfois longs pour les démarches administratives. La scolarisation en français constitue aussi un enjeu important, notamment en raison du coût et de la concentration géographique des établissements.

Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives penses-tu et dont la France devrait davantage s’inspirer ?

Le dynamisme américain se traduit par une forte culture de l’initiative et de l’innovation. La création d’entreprise y est encouragée et la reconnaissance du mérite joue un rôle central. La société de services facilite aussi le quotidien et contribue à une grande flexibilité.

J’ai également été marqué par la culture du bénévolat et de la responsabilité civique locale. Toutefois, ces atouts s’accompagnent d’inégalités importantes et d’une protection sociale plus limitée, ce qui renforce l’attachement des Français expatriés au modèle social français.

D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?

La situation politique actuelle reflète une période d’instabilité avec une Assemblée nationale fragmentée et des difficultés à dégager des majorités stables. Les élections locales montrent toutefois l’importance de la politique de terrain et du pragmatisme des élus.

Il est nécessaire de regagner la confiance des Français avec un projet fondé sur les valeurs républicaines et capable de répondre aux défis majeurs du pays.

Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?

Je garde un lien régulier grâce aux chaînes d’information, à la presse locale comme La Montagne et aux plateformes d’actualité. Je reste également très attentif à la vie locale de Clermont-Ferrand, où vivent encore ma famille et mes amis.

Mais rien ne remplace mes retours réguliers en France, trois à quatre fois par an, qui me permettent de rester profondément connecté à mes racines.