Ingénieur installé à Calgary depuis plus de 30 ans, Marc Lacrampe met son attachement à la France au service de la communauté française et francophone de l’Ouest canadien. Engagé pour renforcer le lien entre Français de l’étranger et leurs élus, il défend des réseaux solidaires et une communication plus dynamique sur un territoire immense. Son parcours d’intégration nourrit une réflexion inspirante sur les pratiques locales et une action concrète pour mieux représenter les Français hors de France.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?
J’habite à Calgary l’une des 2 grandes villes de la province d’Alberta au Canada. Calgary a la réputation d’être la « Houston du nord », étant donnée la concentration des sièges des compagnies de pétrole et de gaz.
Donc logiquement ma carrière d’ingénieur du secteur de l’énergie dans une entreprise internationale m’a amené à venir m’occuper de projets d’investissements très demandeurs de professionnels expérimentés, à Calgary, à la fin des années 90.
Depuis j’y suis resté avec la famille qui s’est enracinée dans la société canadienne
Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?
Je dois mon développement professionnel dans mon début de carrière à la France, et je dois aussi à la France notre démarrage familial. Cette double dette envers les systèmes d’éducation et aussi politiques et sociaux a fait que je n’ai jamais cessé de m’intéresser à la France bien que nous en soyons partis depuis plus de 30 ans.
Je suis fier de mon pays d’origine, heureux d’en promouvoir l’image et aussi d’aider par mon expérience d’intégration la communauté française et francophone dans un milieu majoritairement anglophone.
Le tissu associatif à l’étranger est particulièrement dense, quelle est ta vision pour soutenir et mettre en avant ces initiatives locales ?
Notre territoire est énorme (la province de l’Alberta est plus vaste que la France) avec une communauté française souvent dispersée. La force de notre communauté repose sur notre engagement personnel à entretenir les liens avec nos concitoyens de façon à ce qu’ils trouvent l’information concrète qui leur est nécessaire à travers la création et l’entretien de réseaux.
Ce faisant nous pouvons identifier leurs besoins et attentes, mais aussi leurs idées pour les faire remonter à nos élus et à l’administration consulaire, sachant que la réforme des institutions et politiques françaises peut (sans doute doit) s’inspirer de la réussite de modèles et d’idées venant de l’étranger.
Que penses tu de la représentation politique des Français établis hors de France ? Quel devrait-être selon toi le rôle d’un conseiller des Français de l’étranger ?
Notre représentation des Français de l’Amérique du Nord à l’Assemblée Nationale, notre député d’Amérique du Nord et son suppléant, sont brillante et engagée à nous écouter et à nous aider.
Cependant leur territoire, plus grand que l’Europe, est énorme et ils ne peuvent pas être partout. La courroie de transmission et relais local devraient en principe être assurés par nos conseillers des Français de l’étranger (CdFE), dans notre circonscription de Vancouver (Canada Ouest).
Hélas nos CdFE en place depuis 5 ans brillent par leur absence de communication qu’ils réservent (si elle existe) à leurs sympathisants. Nous voulons changer ça et redonner toute sa dimension à la fonction d’élus locaux des CdFEs.
Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ?
Le territoire de représentation de la circonscription de Vancouver est énorme et la communication difficile à mettre en place et à entretenir. Il faut créer une stratégie de communication avec une interface moderne et efficace.
Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?
La conscience économique (création de valeur) citoyenne est plus développée avec un sens de la réalisation, au Canada qu’en France, où le débat d’idée l’emporte souvent sur la mise en pratique et mesure du résultat.
La relation avec l’état et le gouvernement est aussi plus simple qu’en France qui ne peut se débarrasser de la dualité conflictuelle de dépendance et contestation.
D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?
Je suis attristé de voir qu’un pays comme la France,aussi doué par la nature et aussi riche de traditions, cultures et savoir soit paralysé par la tentation du chaos, sans se rendre compte qu’il est plus facile de démolir que de construire et d’entretenir (paroles d’ingénieur.. on ne se refait pas).
Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?
Tous les matins j’écoute un résumé des actualités françaises et j’approfondis ma réflexion par l’écoute de podcasts et la lecture de la presse nord-américaine sur la France et l’Europe. Je lis aussi les éléments de réflexion de Renaissance sur la situation politique en France.