Grégoire Béry, installé à Québec depuis 2010 après une formation scientifique, travaille aujourd’hui en informatique de gestion tout en restant profondément attaché à la France et à ses valeurs. Sympathisant d’En Marche depuis 2017 et adhérent de Renaissance depuis 2023, il s’est engagé activement en 2024 pour défendre l’Europe et les Français de l’étranger, malgré les milliers de kilomètres qui le séparent de son pays d’origine. Dans son portrait, il partage sa vision d’un rôle politique utile à l’écoute des Français hors de France et d’un modèle québécois pragmatique dont certaines pratiques pourraient inspirer la France.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?
De formation scientifique, j’ai quitté la France pour le Québec en 2010 après plusieurs années comme ingénieur d’études pour une société de service informatique. Je vis à Québec depuis mon arrivée et je travaille en informatique de gestion dans le domaine de l’assurance.
Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?
Sympathisant En Marche depuis 2017, j’ai adhéré à Renaissance en 2023 et c’est véritablement depuis 2024 que j’ai senti le besoin de m’impliquer plus activement lors des élections européennes. La remise en cause de la construction européenne par certaines mouvances politiques a joué un rôle de catalyseur dans mon engagement politique, même à 6000 km de distance.
Le tissu associatif à l’étranger est particulièrement dense, quelle est ta vision pour soutenir et mettre en avant ces initiatives locales ?
Paradoxalement, il existe peu d’associations françaises à Québec, la vie associative se fait surtout dans le cadre du milieu associatif local
Que penses tu de la représentation politique des Français établis hors de France ? Quel devrait-être selon toi le rôle d’un conseiller des Français de l’étranger ?
C’est une chance de bénéficier de représentants élus au service de la communauté française hors des frontières de la France. Selon moi, c’est bénéfique pour les Français établis à l’étranger, et en même temps pour la France en général grâce au rayonnement des élus dans leurs pays d’adoption respectifs. Un conseiller des Français de l’étranger doit servir l’ensemble des Français de son territoire, en particulier par l’écoute et un rôle de facilitateur avec le consulat.
Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ?
Les changements importants actuels dans les règles d’immigration par les différents paliers gouvernementaux sont un des principaux défis et enjeu actuel pour les Français de notre territoire. De nombreux français sont actuellement confrontés à de l’incertitude dans leur projet d’immigration au Canada. La reconnaissance effective des titres, diplômes et de l’expérience professionnelle hors Québec reste encore un sujet d’actualité et qui n’est malheureusement toujours pas résolu de manière satisfaisante. A cela s’ajoute des démarches administratives avec la France toujours complexes et ardues, malgré les progrès récents amenés par la dématérialisation de plusieurs procédures.
Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?
Un pragmatisme et un réalisme dans l’exécution des politiques publiques beaucoup plus ancré ici qu’en France. Ce pragmatisme permet l’adoption de mesures transpartisanes ou de mesures fortes dépassant les clivages politiques, au bénéfice de tous les citoyens (changements aux régimes de retraite, loi sur la fin de vie)
D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?
La situation est dramatique et donne une image déplorable de la France à l’international. De plus cela engendre de l’instabilité économique dommageable pour tous.
Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?
Sur le plan personnel, ma famille (parents, fratrie, …) est encore en France et je reste en contact fréquent avec celle-ci. Je reste connecté à l’actualité et la vie en France grâces aux médias français sur le web et les créateurs de contenus français actifs et novateurs. Dans les deux cas, le progrès technologique des 20 dernières années a été extrêmement bénéfique !