Portrait d’un Français engagé : Charly Strasbach (Sydney)

Installé à Sydney depuis dix ans, Charly Strasbach partage son engagement entre sa vie professionnelle en Australie et son activité de collaborateur parlementaire auprès de la députée des Français de l’étranger Anne Genetet. Franco-australien, il s’implique activement dans la vie de la communauté française et connaît bien les réalités des Français établis en Australie. Dans ce portrait, il revient sur son parcours, son engagement politique et les enjeux concrets auxquels font face les Français de sa circonscription.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?

J’habite à Sydney, en Australie. J’y suis arrivé il y a dix ans, d’abord avec un visa vacances-travail et, comme beaucoup de Français en Australie, je suis tombé amoureux de ce beau pays. Après avoir obtenu un visa sponsor puis la résidence permanente, je suis devenu franco-australien il y a trois ans.

Mon activité professionnelle se partage entre la gestion de sinistres d’assurance automobile, spécialisée en recouvrement, avec une dimension juridique et la gestion de dossiers complexes pour une entreprise australienne, et mon activité à mi-temps de collaborateur parlementaire. Je travaille en effet avec la députée de la 11ᵉ circonscription des Français établis hors de France, Anne Genetet. Mes principales missions concernent les relations avec la circonscription, notamment l’ambassade, le consulat, les élus, les associations et nos concitoyens, la réponse aux questions sur les sujets consulaires ainsi que l’organisation des déplacements de la députée en circonscription.

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?

J’ai commencé à m’intéresser à la politique lors de l’élection présidentielle de 2007, mais ce n’est que dix ans plus tard que je me suis réellement engagé, séduit par le dépassement des clivages partisans mis en avant par Emmanuel Macron et sa volonté de bâtir des compromis avec toutes les bonnes volontés, qu’elles viennent de la gauche, de la droite ou du centre.

Je me suis donc engagé au sein de Renaissance, puis je suis devenu le suppléant de la députée Anne Genetet durant son premier mandat, avant de devenir son collaborateur parlementaire. J’ai toujours eu cette volonté de participer activement à la vie publique et d’aider nos concitoyens, particulièrement ceux des Français de l’étranger. Trop souvent perçus comme privilégiés ou éloignés, nous sommes pourtant des Français à part entière, qui contribuent pleinement au rayonnement de la France.

Le tissu associatif à l’étranger est particulièrement dense, quelle est ta vision pour soutenir et mettre en avant ces initiatives locales ?

Les associations constituent un lien essentiel au sein de notre communauté française. Nous pouvons d’ailleurs nous réjouir du nombre important d’associations françaises en Australie, en partie répertoriées par le consulat. Il me paraît essentiel de valoriser le travail de ces structures et de mieux communiquer sur les initiatives locales afin de renforcer leur visibilité, notamment auprès des nouveaux arrivants.

Il est également important d’accompagner ces associations dans la compréhension des dispositifs de soutien existants, comme le STAFE ou l’OLES, et de simplifier autant que possible l’accès à ces subventions. Enfin, il faut poursuivre la coopération entre les différentes associations françaises et australiennes afin de créer davantage de passerelles entre nos deux pays.

Que penses-tu de la représentation politique des Français établis hors de France ? Quel devrait-être selon toi le rôle d’un conseiller des Français de l’étranger ?

Nous avons la chance d’être l’un des rares pays au monde à disposer d’une représentation aussi complète des Français établis hors de France, avec des députés, des sénateurs, l’Assemblée des Français de l’étranger et les conseillers des Français de l’étranger. Ces derniers, dont l’élection aura lieu le 31 mai prochain, ont avant tout un rôle de proximité entre les citoyens, les administrations comme le consulat et les élus nationaux.

Ils doivent être accessibles et réactifs, répondre aux situations individuelles et faire remonter les réalités locales à Paris. En Australie, compte tenu des distances et des spécificités propres à chaque État et territoire, il est essentiel de disposer de relais solides pour défendre les intérêts de nos compatriotes et porter leurs préoccupations au niveau national. Le mot d’ordre doit être « agir ».

Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ?

La principale difficulté reste l’accès aux services administratifs. Les Français d’Australie ont la chance de pouvoir compter sur des agents compétents et engagés au consulat et à l’ambassade, mais les démarches peuvent parfois sembler complexes.

Les frais de scolarité dans les établissements d’enseignement français, les questions de protection sociale, de retraite ou encore de coordination entre les systèmes français et australien font également partie des sujets qui nous sont régulièrement adressés par les Français de notre circonscription consulaire, qui regroupe l’Australie, les Fidji et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il est important que les élus consulaires puissent accompagner nos compatriotes face à ces enjeux concrets.

Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives penses-tu et dont la France devrait davantage s’inspirer ?

Il existe de nombreuses similitudes entre la France et l’Australie, ce qui explique sans doute pourquoi tant de Français tentent l’aventure australienne, comme ce fut mon cas. Parmi les différences, je soulignerais la culture du pragmatisme australien, avec une approche souvent orientée vers l’efficacité et la recherche de solutions concrètes, sans lourdeur administrative excessive.

La numérisation et l’accès aux services via des applications mobiles montrent que l’Australie a parfois une longueur d’avance sur certains aspects pratiques du quotidien. Les conditions de travail plus flexibles et un système de retraite par capitalisation sont également des éléments qui suscitent l’intérêt au-delà de ses frontières.

D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?

De nombreux Français expriment une forme de lassitude face à la situation politique actuelle, et cela peut se comprendre. Si des compromis entre les forces politiques sont possibles, le spectacle donné est parfois marqué par des postures excessives, notamment aux extrêmes de l’échiquier politique.

Il existe un réel besoin de stabilité et de dialogue, ainsi qu’une volonté de voir émerger des compromis constructifs. À notre niveau local, nous devons montrer l’exemple. Les conseillers des Français de l’étranger qui seront élus dans quelques mois devront être reconnus pour leur capacité à dialoguer avec tous les interlocuteurs, quelles que soient leurs orientations politiques, dans l’intérêt exclusif de nos compatriotes. En résumé, il faut travailler tous ensemble.

Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?

Mon activité de collaborateur parlementaire me permet de rester attentif aux problématiques des Français de notre circonscription et à l’actualité nationale. À titre personnel, je suis passionné par l’actualité politique et économique : je lis régulièrement la presse française et j’écoute des podcasts, notamment l’émission C dans l’air.

Je participe également à des événements français en Australie afin de maintenir un lien constant avec notre communauté et de rester à l’écoute de ses attentes.