Portrait d’un élu à votre service : René Marini (Brazzaville)

René Marini, conseiller des Français de l’étranger à Brazzaville, revient sur son engagement pour accompagner les Français de sa circonscription et répondre à leurs besoins concrets au quotidien dans un contexte souvent complexe. Il met en avant son action de proximité pour aider les familles, faciliter les démarches administratives et soutenir l’éducation et la qualité de vie de la communauté française locale.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?

Je m’appelle René MARINI, né à Pointe-Noire le 24 octobre 1963. Franco-congolais, j’ai grandi avec la richesse de deux cultures qui ont façonné mon équilibre et mon ouverture aux autres.

Je réside à Brazzaville, où je travaille dans une entreprise active depuis 1947. En dehors de mon activité professionnelle, je consacre mon temps à des projets citoyens, à l’accompagnement des familles, aux conseils et à plusieurs initiatives de développement économique et social.

Ma conviction est simple : «La meilleure politique est celle qui touche concrètement le quotidien des gens»

Cette idée guide toutes mes actions.

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?

Mon parcours est marqué par un double héritage, français et congolais, qui m’a appris à circuler entre deux cultures et deux réalités. Cette expérience m’a sensibilisé très tôt aux difficultés que rencontrent les Français à l’étranger, distance administrative, isolement, et besoin de relais fiables.

C’est en aidant un ami franco-congolais confronté à une situation administrative délicate que j’ai compris que je pouvais réellement faire une différence. Depuis ce jour, je n’ai jamais cessé de mettre mon énergie au service des Français établis à l’étranger, avec humilité et humanité.

Heureusement, le Congo-Brazzaville reste un pays ouvert, où il est possible de dialoguer et de trouver des solutions adaptées, grâce à une population accueillante sur l’ensemble du territoire.

Ce qui m’a motivé, ce n’est pas la politique au sens strict, mais :

  • la protection,
  • le soutien,
  • la proximité et la volonté de servir avec humanité et humilité.

Que trouves-tu le plus satisfaisant dans ton quotidien d’élu ? Et au contraire, ressens-tu des frustrations particulières dans l’exercice de ton mandat ?

La plus grande satisfaction vient de la confiance que les gens me témoignent.
Quand quelqu’un frappe à ma porte ou m’écrit parce qu’il sait que je pourrai l’aider, je mesure l’importance de mon rôle.

Je suis quelqu’un de très concret et j’aime voir les choses avancer. La principale frustration vient du décalage entre la réalité du terrain au Congo et le rythme administratif français, parfois trop lent et rigide, qui ne répond pas toujours aux urgences des familles.

As-tu une anecdote précise à nous partager sur tes missions en tant qu’élu des Français de l’étranger ? Sur la manière dont tu aides régulièrement nos concitoyens par exemple.

Un jour, un Français installé au Congo m’appelle complètement paniqué, ses documents n’étaient pas conformes et il risquait de perdre un rendez-vous essentiel au Consulat.

Je lui ai dit : « Respire. On va mettre de l’ordre dans tout ça ». Nous avons trié ses pièces une par une, reformulé ses justificatifs et, avec l’aide attentive de notre Consul, tout a été réglé le lendemain.

Ce n’était pas spectaculaire, mais pour lui, c’était énorme. Pour moi, c’est l’essence de l’engagement, faire simple, faire humain, faire efficace.

Comment travailles-tu avec les représentants politiques de ton territoire, tels que les députés et sénateurs des Français de l’étranger, pour coordonner vos actions ?

Je privilégie une approche pragmatique et orientée solutions, loin des discours.
Lorsque nécessaire, je contacte directement les députés ou sénateurs pour

  • clarifier un dossier,
  • accélérer une procédure,
  • attirer leur attention sur une situation urgente.

Ce qui compte avant tout pour moi, c’est l’efficacité, pas le protocole.

Les associations locales jouent souvent un rôle clé dans l’animation de la vie française à l’étranger. Comment travailles-tu quotidiennement avec elles ?

Les associations sont le ciment invisible de la communauté française à l’étranger. Je travaille avec elles dans un esprit de :

  • dialogue constant,
  • réactivité,
  • solidarité.

Je soutiens leurs initiatives, participe à la résolution de problèmes concrets et facilite les contacts. Une communauté n’avance que si chacun se sent accompagné.

Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ? Quelles sont tes priorités pour la suite de ton mandat ?

Les principaux défis sont :

  • les délais administratifs,
  • la scolarité des enfants,
  • la santé et la protection sociale,
  • les autorisations et démarches officielles,
  • l’entrepreneuriat dans un contexte différent de celui de la France.

Mes priorités sont :

  • humaniser les démarches,
  • simplifier les procédures,
  • accompagner les familles,
  • mobiliser les réseaux pour renforcer la solidarité de la diaspora.

Je m’intéresse également à des projets plus larges, notamment dans l’économie, l’agriculture, la jeunesse et les partenariats France-Congo. »

Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?

La France excelle dans l’organisation, l’innovation et la précision administrative.

Le Congo excelle dans la chaleur humaine, la flexibilité et la capacité à transformer une difficulté en opportunité.

La France pourrait s’inspirer de :

  • la simplicité des relations sociales,
  • l’entraide spontanée,
  • la créativité face aux obstacles,
  • le sens de la famille et du collectif.

Un mélange de ces qualités pourrait créer un équilibre remarquable.

D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?

La situation politique est parfois tendue et confuse, mais je crois que la France a toujours su se relever dans l’histoire.

De l’étranger, j’observe un besoin clair de :

  • dialogue,
  • dignité,
  • réconciliation,
  • pragmatisme.

La société française possède un immense potentiel, qu’il s’agit simplement de reconnecter.

Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?

Je garde le lien d’une part à travers ma famille ; mes petites filles, nos enfants ou nous possédons aussi une maison dans la belle région de Toulouse. Par mes engagements, d’autre part. Enfin par mes lectures et échanges avec les structures françaises et la transmission de valeurs.

La France et le Congo font partie de mon identité. Je crois que l’on peut aimer deux pays sans s’opposer à soi-même, c’est une richesse, pas un conflit.