Portrait d’un élu à votre service : Olivier Lebel (Rome)

Olivier Lebel, Français de Rome (Italie), est conseiller des Français de l’étranger et suppléant de la députée Caroline Yadan. Il œuvre au quotidien pour simplifier les démarches et défendre les intérêts des Français d’Italie centrale, méridionale et de Malte. Après une carrière riche dans les télécoms, les start-ups et la direction d’organismes non lucratifs, il vit à Rome depuis 2016 et continue d’accompagner des projets entrepreneuriaux.

Bonjour Olivier, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?

Je suis un ancien élève de l’école polytechnique et j’ai commencé ma carrière dans les télécoms puis les start-ups. Par la suite, j’ai eu l’opportunité de diriger plusieurs grands organismes à but non-lucratifs comme la Croix-Rouge française de 2008 à 2013. Je me suis installé à Rome à partir de 2016, où j’ai exercé une activité de conseils aux associations, fondations et start-ups, et je suis aujourd’hui retraité, même si je continue à accompagner des start-ups à titre personnel.

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?

J’ai une sensibilité politique plutôt de centre-gauche, ce qui m’a fait adhérer dès 2017 à En Marche ! En 2019, j’ai participé à organiser, avec d’autres, le Grand Débat à Rome, ce qui est un moment fort pour la communauté française ici. J’ai été candidat aux élections consulaires en 2021, mais je suis devenu Conseiller des Français de l’étranger seulement en 2024, après la démission de la titulaire. Et toujours en 2024, je suis devenu le suppléant de notre nouvelle députée Caroline YADAN.

Que trouves-tu le plus satisfaisant dans ton quotidien d’élu ? Et au contraire, ressens-tu des frustrations particulières dans l’exercice de ton mandat ?

Je concentre mon activité de Conseiller des Français de l’étranger à être utile pour les Français de ma circonscription, qui comprend l’Italie du centre, du sud et Malte. Je coopère très bien avec les services consulaires, qui sont vraiment formidables ! Cela permet de faire avancer les dossiers que je reçois, ce qui est vraiment le côté agréable de ce mandat. En revanche, je reste frustré par l’absence d’avancées sur le sujet de la double imposition des retraites en Italie que l’on n’arrive pas encore à faire évoluer malgré nos efforts collectifs avec la députée Caroline YADAN. Nous continuons le combat en sensibilisant Bercy à la détresse de ces Français modestes injustement pénalisés.

As-tu une anecdote précise à nous partager sur tes missions en tant qu’élu des Français de l’étranger ? Sur la manière dont tu aides régulièrement nos concitoyens par exemple.

J’ai 2 exemples très concrets qui me viennent en tête. Le premier concerne une personne qui m’avait écrit car son permis de conduire et son véhicule avaient été confisqués par les autorités italiennes. En Italie, les Français résidants doivent faire convertir leur permis de conduire dans l’année de leur installation sur place, et les autorités sont très strictes sur le sujet. Grâce au soutien du consulat, nous avons permis de régler cette situation. L’autre exemple concerne une personne âgée à qui l’administration française n’a pas voulu reconnaître le certificat de vie, malgré le tampon de l’administration romaine. Il a fallu accompagner cette personne afin qu’elle puisse refaire son certificat, et sensibiliser l’administration française à ce cas particulier des Français vivants à l’étranger. Aujourd’hui, le certificat de vie électronique permet de régler cette situation, je l’ai moi-même essayé en septembre et cela marche très bien !

Comment travailles-tu avec les représentants politiques de ton territoire, tels que les députés et sénateurs des Français de l’étranger, pour coordonner vos actions ?

J’ai l’avantage d’être le suppléant de Caroline YADAN, ce qui rend la coordination très facile avec la députée de la circonscription ! Par ailleurs, j’ai de très bons contacts avec notre sénatrice Samantha CAZEBONNE, ou encore avec la socialiste Hélène CONWAY-MOURET, selon les sujets que j’ai à traiter.

Les associations locales jouent souvent un rôle clé dans l’animation de la vie française à l’étranger. Comment travailles-tu quotidiennement avec elles ?

Les conseillers des Français de l’étranger organisent chaque année un forum des associations à Rome, qui regroupe chaque fois une trentaine d’associations. C’est un moment fort de l’année pour la communauté française à Rome. J’ai donc la chance de travailler de manière privilégiée avec toutes les associations présentes dans le Latium.

Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ? Quelles sont tes priorités pour la suite de ton mandat ?

J’ai trouvé le discours de notre ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël BARROT à la conférence des ambassadeurs très à propos pour les Français de l’étranger.

Il a annoncé notamment que le vote électronique sera étendu à tous les scrutins, avec une propagande électorale entièrement numérique. Les efforts de dématérialisation de l’état civil ou pour le renouvellement des passeports vont également être accentués. Le gouvernement continue de simplifier la vie des Français de l’étranger, après la possibilité d’émettre son certificat de vie de manière électronique. J’inscris pleinement mon action dans cette ligne. Et par ailleurs, je souhaite continuer à me battre contre la double imposition des retraites en Italie.

Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?

Je trouve que l’Italie a un système social bien moins protecteur que la France, alors qu’on paie aussi énormément d’impôts. En revanche, l’Italie est assez en pointe concernant les mécanismes administratifs de dématérialisation, même si la France le devient aussi. Le monde des start-ups en Italie est très innovant, très dynamique, mais il y a des grandes difficultés de financement. Donc si je devais vraiment voir un côté positif à l’Italie, je dirais la bonne humeur des gens ! C’est un plaisir de vivre au quotidien à Rome, bien plus qu’à Paris en tout cas !

D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?

Il faut absolument que notre classe politique apprenne à faire des compromis ! Il y a un blocage total à l’heure actuelle de la part de la gauche, où les socialistes étaient restés dans la posture d’opposition totale édictée par Jean-Luc MÉLENCHON. Cela avait obligé le gouvernement précédent à être dépendant uniquement du Rassemblement national pour ne pas être censuré, ce qui est irresponsable de la part de la gauche ! Il faut que chacun, gouvernement compris, fasse des concessions.

Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?

J’ai une résidence secondaire dans le sud de la France et mes enfants et petits-enfants habitent tous à Paris. Je suis donc régulièrement en France, Rome n’étant pas très éloignée !