Maxime Lelièvre, installé à Bruxelles et conseiller des Français de l’étranger pour la Belgique, revient sur son engagement pour représenter et accompagner les Français de sa circonscription, notamment sur des sujets concrets comme la fiscalité, l’enseignement et la reconnaissance des diplômes. Il met en avant l’importance du travail de proximité avec ses compatriotes et les associations locales pour répondre à leurs besoins quotidiens et faire avancer leurs dossiers.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?
Je vis à Bruxelles depuis près de six ans, après avoir passé cinq années en Flandre, à Gand. Je suis arrivé en Belgique il y a une dizaine d’années, dès la fin de mes études, avec l’envie de m’ouvrir à un autre pays et d’apprendre le néerlandais.
Aujourd’hui, je travaille pour le député des Français du Benelux Pieyre-Alexandre Anglade. Je m’occupe des sujets liés à la circonscription, du lien avec les associations, les administrations, et des questions touchant les Françaises et les Français de l’étranger, en particulier la fiscalité ainsi que, naturellement, les enjeux européens.
Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?
J’ai toujours aimé le débat d’idées, avec une sensibilité modérée, progressiste et résolument pro-européenne. Je suis également, comme beaucoup de ma génération, sensible aux enjeux environnementaux et de par mon expérience auprès d’entrepreneuses et d’entrepreneurs, j’ai à cœur de soutenir une activité économique innovante et dynamique au service de tous.
Mon engagement vient d’abord de l’envie d’être utile, d’apporter des solutions concrètes au quotidien. Comme je travaillais déjà au quotidien avec les élus consulaires et les services de l’État, le passage de l’autre côté, en tant qu’élu, s’est fait naturellement. J’ai voulu m’engager pleinement pour défendre les intérêts des Françaises et des Français de Belgique.
Que trouves-tu le plus satisfaisant dans ton quotidien d’élu ? Et au contraire, ressens-tu des frustrations particulières dans l’exercice de ton mandat ?
Ce que je préfère, ce sont les échanges directs avec les Françaises et Français de Belgique : lors de rencontres avec les associations, lorsque des compatriotes me sollicitent, au téléphone, dans un café ou pendant ma permanence au Consulat. Ce travail de proximité donne tout son sens à cette fonction, même si le rôle du CFDE reste essentiellement consultatif.
La limite de nos compétences peut parfois être frustrante… tout comme l’attitude de certains élus qui créent de fausses attentes en promettant ce qu’ils ne peuvent pas faire. J’essaie, au contraire, d’être transparent et d’être dans l’arène avec nos compatriotes pour mener des combats à leurs côtés.
As-tu une anecdote précise à nous partager sur tes missions en tant qu’élu des Français de l’étranger ? Sur la manière dont tu aides régulièrement nos concitoyens par exemple.
J’ai un lien particulier avec les associations d’entraide, tissé pendant la pandémie. Je me souviens de longues recherches de solutions avec la présidente de la Bienfaisance de Liège pour accompagner des compatriotes dans une détresse extrême, pendant le Covid puis lors des inondations dramatiques qui ont touché la région. Ce sont des moments qui marquent et qui rappellent le sens profond de notre engagement.
Comment travailles-tu avec les représentants politiques de ton territoire, tels que les députés et sénateurs des Français de l’étranger, pour coordonner vos actions ?
Je collabore étroitement avec le député des Français du Benelux et l’ensemble des députés des Français de l’étranger, ainsi qu’avec les sénatrices et les sénateurs, dont le lien est naturel, car nous sommes leurs électrices et électeurs directs.
Je suis en lien également avec divers responsables politiques belges, c’est toujours très utile. Je suis aussi très impliqué auprès des ambassades, des consulats et des équipes ministérielles : ce lien de terrain et cette coordination permettent de faire avancer très concrètement de nombreux dossiers.
Les associations locales jouent souvent un rôle clé dans l’animation de la vie française à l’étranger. Comment travailles-tu quotidiennement avec elles ?
Les associations sont le cœur battant de notre communauté française en Belgique. Je travaille très régulièrement avec les alliances françaises, les Chambres françaises de commerce et d’industrie, les Conseillères et les Conseillers du commerce extérieur, les associations de parents d’élèves, les entraides, le groupe des non-résidents…
Les échanges peuvent être également informels mais tout aussi importants, comme pendant les apéros des Français qu’organisent les associations (comme ceux de Liège, Namur, Gand, ou celui de l’Accueil français à Bruxelles). Ce sont autant de lien, d’écoute et d’entraide.
Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ? Quelles sont tes priorités pour la suite de ton mandat ?
Les situations sont tellement variées qu’il est difficile de ne citer que quelques défis. Pour les personnes transfrontalières, les défis restent la fiscalité, l’accès aux soins, la sécurité sociale, les aides d’État… Pour les Françaises et les Français installés en Flandre, l’accès à l’enseignement et à la culture francophone est un sujet majeur. Pour les familles françaises scolarisant leurs enfants dans un lycée français, le sujet des frais d’écolage est primordial. Pour de nombreux compatriotes en Belgique, la reconnaissance des diplômes reste un autre enjeu essentiel.
Mes priorités :
- poursuivre le combat aux côtés des transfrontalières et des transfrontaliers, notamment pour intégrer le télétravail dans la convention fiscale ;
- accompagner une réforme structurelle de l’AEFE et des critères d’attribution des bourses ;
- avancer sur la reconnaissance automatique des diplômes via le traité du Benelux.
Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?
Il y a en Belgique une simplicité et une horizontalité qui font du bien. La culture du compromis, très ancrée ici, permet souvent de dépasser les blocages. C’est une source d’inspiration précieuse même si, à Bruxelles, ce compromis semble parfois s’éroder depuis un an.
D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?
En France, le manque de culture du compromis pèse lourd. Notre système institutionnel a longtemps fonctionné sur une logique du « winner takes all ». Depuis 2022, et encore plus depuis 2024, l’absence de majorité impose le dialogue et la recherche d’accords. C’est difficile et ce qui se passe en France est inquiétant pour notre pays mais je reste optimiste : la démocratie nous oblige, nous devons changer nos habitudes et je crois que nous parviendrons à construire ensemble un projet dans l’intérêt général.
Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?
À Bruxelles et en Wallonie, où le français est omniprésent, on n’est pas forcément totalement dépaysé. Pourtant, au détour d’une rue ou d’une conversation, on peut parfois être rappelé brutalement à cette réalité qu’est l’expatriation.
Dans le nord du pays, où le français n’est pas langue officielle, l’expérience est toute autre et l’on est plongé dans une culture différente mais tout aussi riche.
Aujourd’hui, je cultive ce lien avec la France grâce aux associations, à mon travail, à ma famille restée là-bas… et aussi dans des moments simples, comme encourager le XV de France entre amis, autour d’un verre.