Portrait d’un élu à votre service : Frédéric Schauli (Luxembourg)

Frédéric Schauli est élu Conseiller des Français de l’étranger à Luxembourg et à l’Assemblée des Français de l’étranger pour la circonscription du Benelux. Franco-luxembourgeois, il siège au sein de la Commission des Lois, des règlements et des affaires consulaires de l’AFE et sur les bancs du groupe « Indépendants, démocrates et progressistes ».

Bonjour Frédéric, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?

J’ai 47 ans, je suis fier de mes racines alsaciennes, et franco-luxembourgeois. Depuis 2011, je vis à Howald, au Luxembourg, un pays qui m’a offert de nombreuses opportunités. Je travaille en recherche et développement dans les biotechnologies, un domaine passionnant où l’innovation est au cœur de tout ce que je fais.

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?

La politique m’a toujours intéressé, mais je ne me reconnaissais pas dans les divisions traditionnelles entre gauche et droite. En 2016, l’élan de renouvellement porté par Emmanuel MACRON m’a convaincu de m’engager pour la première fois dans un parti politique. En 2021, en pleine crise du Covid, une opportunité s’est présentée : monter une liste pour les élections consulaires. J’ai voulu former une équipe qui reflète la diversité de notre communauté : des personnes d’horizons politiques variés et de la société civile. Notre campagne a été très innovante. Nous avons combiné les méthodes traditionnelles et les outils numériques pour mobiliser les 60 000 Français vivant au Luxembourg. C’était un défi incroyable, mais tellement enrichissant !

Que trouves-tu le plus satisfaisant dans ton quotidien d’élu ? Et au contraire, ressens-tu des frustrations particulières dans l’exercice de ton mandat ?

Le plus gratifiant, c’est d’aider concrètement les gens. Chaque dossier traité, chaque problème résolu est une victoire. Qu’il s’agisse de retraites multi-pays, de questions fiscales, de successions transfrontalières ou de démarches administratives, pouvoir orienter et débloquer des situations, c’est un vrai bonheur. Cela dit, il y a parfois des frustrations. Il faut expliquer que nous ne sommes ni l’administration ni des conseillers fiscaux : nous ne faisons pas les démarches pour les gens, mais nous les guidons, leur donnons les bons contacts. Parfois, ça demande de la pédagogie. Je tiens particulièrement à être présent lors des cérémonies officielles et lors des commémorations, c’est un moment important pour rassembler la communauté. Ce devoir de mémoire me tient particulièrement à cœur. Ces moments de rassemblement sont essentiels et nous rappellent notre histoire commune.

As-tu des anecdotes précises à nous partager sur tes missions en tant qu’élu des Français de l’étranger ? Sur la manière dont tu aides régulièrement nos concitoyens par exemple.

Oui, je me souviens d’un cas particulièrement marquant. Une personne attendait depuis plus d’un an que son dossier de retraite multi-pays soit traité. Grâce à nos contacts privilégiés avec les caisses de retraite, j’ai pu intervenir, et son dossier a finalement été débloqué. Ce sont ces moments qui donnent tout leur sens à mon engagement. En parallèle, à l’Assemblée des Français de l’Étranger, je travaille sur des questions variées, comme les droits des enfants nés de GPA ou PMA à l’étranger. En 2023, notre rapport sur les services consulaires a permis de renforcer les effectifs au Luxembourg, facilitant la vie des Français ici. Ce sont des avancées concrètes qui me motivent chaque jour.

Comment travailles-tu avec les représentants politiques de ton territoire, tels que les députés et sénateurs des Français de l’étranger, pour coordonner vos actions ?

Avec Pieyre-Alexandre ANGLADE, notre député, nous collaborons étroitement. Je lui transmets les préoccupations locales, l’accompagne lors de ses visites et organise des échanges avec la communauté. Lors de visites ministérielles au Luxembourg, le député nous met en relation afin d’organiser sur place des moments d’échanges et des réunions publiques avec la communauté. Avec Samantha CAZEBONNE, notre sénatrice, nos échanges sont fréquents, notamment sur l’éducation. Chaque contact, chaque coordination nous rapproche de solutions concrètes pour nos concitoyens. J’ai aussi été très sollicité par l’ensemble des députés et de nos relais du monde entier lors de la supervision des élections législatives en tant que membre du bureau de vote électronique.

Les associations locales jouent souvent un rôle clé dans l’animation de la vie française à l’étranger. Comment travailles-tu quotidiennement avec elles ?

C’est effectivement très important d’avoir un milieu associatif divers qui puisse animer la communauté française. C’est important d’aller autant que possible à tous les événements qu’ils organisent. Nous les accompagnons aussi sur le STAFE, le dispositif de subvention du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Je leur propose également de mettre en avant leurs associations et événements dans ma lettre d’information. Et évidemment, nous sommes là en cas de difficulté. Les associations sont le cœur battant de notre communauté. Je fais mon possible pour être présent à leurs événements et les soutenir, notamment en les aidant à obtenir des subventions via le STAFE. Dans ma lettre d’information, je mets aussi en avant leurs initiatives. Leur énergie et leur engagement font rayonner la communauté française au Luxembourg.

Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ? Quelles sont tes priorités pour la suite de ton mandat ?

L’éducation et le logement sont deux défis majeurs. Au Luxembourg, il faut aider les familles à choisir entre les différentes options scolaires (AEFE, écoles internationales ou locales). En ce qui concerne le logement, les loyers élevés posent un problème. Nous avons donc créé des ressources pour guider les Français dans leur installation. Mon objectif est de continuer à rendre leur quotidien plus simple et plus serein.

Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?

Il y a des différences fondamentales, dont une me saute aux yeux lorsque l’on voit les difficultés politique actuelles à l’Assemblée nationale. Au Luxembourg, personne ne peut gouverner seul. Il y a toujours des coalitions, parfois avec des partis très éloignés, mais basées sur un pacte législatif commun, des priorités communes. On travaille d’abord sur le pacte législatif avant de choisir le casting gouvernemental. C’est juste l’opposé de la situation que l’on voit en France actuellement.

Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?

Vivre au Luxembourg, c’est avoir un pied en France, car elle est si proche. Nous sommes seulement à 20 kilomètres de la France, de l’Allemagne et de la Belgique Nous bénéficions de journaux francophones, d’un Institut français organisant beaucoup d’événements, et d’une communauté française dynamique, renforcée par les 120 000 frontaliers français. Il est tout simplement impossible de perdre le lien avec la France ici !

Un mot de la fin ?

Je dirais simplement que représenter les Français de l’étranger est un honneur immense et une responsabilité que je prends à cœur chaque jour. Être à leur service, les écouter, les accompagner, c’est ce qui donne du sens à mon engagement. Ensemble, nous construisons des solutions, nous surmontons les défis et nous renforçons les liens qui unissent notre communauté. Je suis convaincu que, grâce à notre esprit collectif et à notre détermination, nous pouvons accomplir encore bien plus. Merci pour votre confiance, et n’hésitez jamais à me solliciter : je suis là pour vous.

Suivre l’actualité de Frédéric Schauli, Conseiller des Français de l’étranger de Luxembourg :