Florent Pigeyre, conseiller des Français de l’étranger à Montréal, nous parle de son engagement auprès des communautés françaises de Montréal, Moncton et Halifax. Il évoque son action quotidienne pour accompagner les expatriés dans leurs démarches et faire avancer leurs dossiers avec les acteurs locaux et parlementaires.

Bonjour, tout d’abord peux-tu nous en dire plus sur toi : où habites-tu et que fais-tu dans la vie ?
Bonjour ! Je m’appelle Florent Pigeyre et je vis à Montréal depuis 2011.
Je travaille dans la gestion de projets informatiques et, en parallèle, j’exerce bénévolement le rôle de Conseiller des Français de l’étranger pour Montréal / Halifax / Moncton, un mandat auquel je suis très attaché.
Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a motivé à t’engager en politique et particulièrement pour les Français établis à l’étranger ?
Je suis arrivé au Québec grâce à une formation d’ingénieur franco-québécoise, qui a été le point de départ de mon installation ici. J’y ai construit ma vie, tant professionnelle que personnelle.
Comme beaucoup d’expatriés, j’ai constaté que certaines démarches, immigration, retraite, documents officiels, peuvent être difficiles à naviguer. Et surtout, j’ai réalisé que de nombreux Français ignorent qu’ils ont des élus locaux capables de les accompagner.
M’engager a donc été une manière de rendre service, mais aussi une façon de me reconnecter à ma communauté d’origine, avec laquelle je m’identifie profondément. Mon mandat me permet de rester proche des Français de Montréal et d’agir concrètement à leurs côtés.
Que trouves-tu le plus satisfaisant dans ton quotidien d’élu ? Et au contraire, ressens-tu des frustrations particulières dans l’exercice de ton mandat ?
Ce qui me satisfait le plus, c’est lorsque nous parvenons à résoudre un problème qui pèse réellement sur la vie des gens. Je pense par exemple à des retraités dont les versements avaient été interrompus : quand tout rentre dans l’ordre et que les paiements reprennent, cela change immédiatement leur quotidien.
J’interviens aussi beaucoup sur les questions d’immigration. Avec l’arrêt brutal du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en novembre 2025, certaines familles françaises devront quitter le Canada, alors qu’un parcours d’établissement durable leur avait été initialement promis. Accompagner ces familles dans cette période d’incertitude est une part importante de mon rôle.
La frustration vient surtout des délais administratifs, souvent longs, alors que les personnes concernées ont besoin de réponses rapides.
As-tu une anecdote précise à nous partager sur tes missions en tant qu’élu des Français de l’étranger ? Sur la manière dont tu aides régulièrement nos concitoyens par exemple.
L’un des moments les plus marquants de mon mandat reste la mobilisation autour des changements touchant l’immigration au Québec. Cette période m’a permis de tisser des liens très forts avec plusieurs acteurs locaux. J’ai notamment développé une proximité avec une association montréalaise qui défend les intérêts des immigrants, ainsi qu’avec des avocats prêts à s’impliquer bénévolement pour soutenir les personnes touchées.
Nous avons travaillé main dans la main avec le consulat et avec notre député, Christopher Weissberg, pour faire remonter les préoccupations de la communauté et dialoguer avec le gouvernement québécois. Cette collaboration à plusieurs niveaux a vraiment montré à quel point, lorsque chacun se mobilise, nous pouvons accompagner concrètement les Français dans des situations complexes et parfois très anxiogènes.
Comment travailles-tu avec les représentants politiques de ton territoire, tels que les députés et sénateurs des Français de l’étranger, pour coordonner vos actions ?
Je travaille en bonne entente avec les autres Conseillers des Français de l’étranger, même lorsque nos sensibilités politiques diffèrent. Nous partageons le même objectif : défendre les intérêts des Français du Québec.
Avec les députés, les échanges sont réguliers. Je collabore notamment avec Christopher Weissberg, mais également avec Roland Lescure, aujourd’hui ministre de l’Économie, avec qui j’ai mené plusieurs dossiers importants.
Nos discussions actuelles portent principalement sur les enjeux d’immigration, les urgences administratives et les situations individuelles nécessitant un soutien consulaire.
Les associations locales jouent souvent un rôle clé dans l’animation de la vie française à l’étranger. Comment travailles-tu quotidiennement avec elles ?
La vie associative à Montréal est l’un des grands atouts de notre communauté.
Je suis en contact étroit avec plusieurs organisations, notamment les associations des Bretons, l’Union Française, l’Alliance Française et les lycées français.
Ces associations sont essentielles : elles accueillent les nouveaux arrivants, organisent des événements, créent des liens, et repèrent souvent les besoins du terrain. Mon rôle est de les soutenir, de relayer leurs préoccupations et d’accompagner leurs initiatives.
Quels sont, selon toi, les principaux défis auxquels font face les Français vivant dans ta circonscription ? Quelles sont tes priorités pour la suite de ton mandat ?
Aujourd’hui, les défis majeurs sont :
- l’immigration au Québec, en constante évolution ;
- l’accès rapide aux prestations de retraite, qui reste parfois complexe ;
- les démarches administratives, parfois lourdes, entre la France et le Québec.
Mes priorités sont donc d’accompagner les Français dans ces démarches, d’améliorer l’information disponible et de défendre des parcours migratoires plus stables et prévisibles.
Quelles différences fondamentales vois-tu entre ton pays de résidence et la France ? À quelles choses positives tu penses et dont la France devrait davantage s’inspirer ?
Pour ne prendre qu’un exemple récent, l’un des aspects inspirants au Québec est la qualité de l’accompagnement en soins palliatifs et en fin de vie.
Un établissement comme la Maison St-Raphaël illustre parfaitement cette approche : les patients y sont accompagnés avec une grande dignité, de manière humaine et attentive, sans coût additionnel important pour le système public.
C’est un modèle dont la France pourrait réellement s’inspirer.
D’ailleurs, que penses-tu de la situation politique actuellement en France ?
La France traverse une période complexe, où la recherche de compromis est plus nécessaire que jamais.
Deux personnalités me semblent jouer un rôle important en proposant des approches réalistes et constructives : Roland Lescure et Gabriel Attal.
Roland Lescure occupe ce rôle au sein du Gouvernement en tant que ministre de l’Économie et des Finances, tandis que Gabriel Attal l’exerce au Parlement comme président du groupe parlementaire Ensemble pour la République.
Enfin, en tant que Français de l’étranger, comment fais-tu pour garder le lien avec la France ?
Le lien, je le garde avant tout grâce à mon engagement politique. Les échanges avec la communauté, les dossiers que j’accompagne et les rencontres régulières me maintiennent fortement connecté à la France.
Et bien sûr, je suis l’actualité française au quotidien, ce qui nourrit continuellement ce lien.