Circonscription 7: Portrait d’Amélie Leclercq, une élue de terrain auprès d’une vaste communauté aux nombreux défis

Pour les Français de l’Étranger qui ne vous connaissent pas, qui êtes-vous ?

Je suis Amélie Leclercq. J’ai vécu 10 ans en Belgique avant de venir, en 2017, m’établir en Bulgarie où je me suis lancée dans l’entrepreneuriat dans le domaine de la promotion du tourisme francophone – ce qui m’a permis de découvrir le travail et le potentiel fantastiques des Chambres de Commerce et d’Industrie bilatérales pour le soutien aux entrepreneurs français !

Je suis élue Conseillère des Français de l’étranger Renaissance depuis 2021.

Quels sont les grands enjeux de la circonscription consulaire où vous êtes élu Conseiller des Français de l’Étranger pour ces Français de l’Étranger justement ?

La circonscription consulaire où je suis élue est très vaste et va bien au-delà de la Bulgarie uniquement. Elle couvre aussi l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Macédoine du Nord et le Monténégro. Cette partie des Balkans est riche et fascinante : 6 langues, une profondeur historique à la fois richesse et écueil, un travail permanent et difficile pour construire l’avenir, des économies secouées par l’exode des plus jeunes, des routes et des chemins de fer artères du développement à restaurer ou à construire avec l’aide de l’Union européenne…

Et, pour les Français établis dans ces pays, les problématiques sont très variées : avoir accès à l’enseignement français, gérer des petits tracas administratif du quotidien avec les administrations françaises ou locales, être soutenu pour prendre ses marques quand on emménage, quand on tombe malade ou – cela arrive – être orienté quand on est victime de violences intra-familiales dans des pays où l’aide n’est pas aussi disponible qu’en France.

Quelles sont vos actions principales comme Conseiller des Français de l’Étranger Renaissance, ou bien quelle serait une action qui vous a marqué en particulier ?

Comme Conseillère des FDE, je suis élue mais bénévole. Et je suis avant tout là pour vous représenter auprès des institutions françaises locales et surtout mettre de l’huile dans les rouages dans les relations avec l’administration française sous toutes ses formes, de façon formelle – participation assidue aux conseils consulaires dans leurs divers formats (bourses scolaires, aides sociales, sécurité, etc.) de Sofia comme de Sarajevo – comme de façon informelle- j’interagis sur Facebook, au téléphone et par courriel. Le statut d’élu permet souvent d’obtenir des réponses directement d’administrations en France, grâce à l’appui de nos députés et sénateurs de l’étranger.

En fait, cela va bien au-delà : droit européen, droit local, ce que l’on peut transporter vers ou de la France selon que le pays est dans ou hors de l’Union européenne, retraites, inscription en ligne sur le registre consulaire, utilisation de la Carte Vitale hors de France (qui, je le rappelle est impossible !), transposition du statut d’auto-entrepreneur (qui n’est vraiment pas possible non plus !), exécution d’un jugement à l’étranger, recouvrement de pension alimentaire, conditions de renouvellement d’un passeport, demandes de recommandation d’un médecin, d’un boucher, d’un dentiste ou d’un coiffeur, questions sur les visas Schengen… toute question est une base de discussion et souvent j’en tire de nouvelles connaissances. Mais, s’il vous plaît, pas à six heures du matin !

Par une action basée sur des contacts répétés, des discussions, la connaissance du pays, on peut parfois apporter sa contribution dans des situations difficiles que gère le consulat – violences domestiques, handicap ou emprisonnement. Dans ma zone, la prise en compte des violences domestiques n’est pas encore vraiment dans les habitudes et les refuges sont en nombre restreint. Un travail concerté permet de soutenir la victime, lui communiquer les informations nécessaires, trouver les appuis dans la langue du pays. Mais je sais que bien des cas restent inconnus et que les victimes pensent ne pouvoir que subir.

J’essaie aussi de partager ma connaissance du pays avec les nouveaux arrivants, mais je ne peux vraiment pas leur éviter les longues files devant le service migration boulevard Maria-Luisa, ni rendre la Poste plus rapide !

Le travail en Conseil consulaire avec les autres Conseillers et avec les membres du Consulat est constructif, instructif et sérieux. J’essaie aussi d’être présente le plus possible à l’Institut français, auprès des Alliances françaises, des lycées locaux ayant une filière francophone, des associations francophones, etc. Les synergies se bâtissent aussi grâce aux contacts personnels. Êtes-vous abonné à la lettre d’information de votre Institut français ? Soyez aussi force de proposition !

Je profite de cette interview pour passer un message important: certains Français de la zone considèrent que l’inscription sur les registres consulaires est une formalité administrative inutile – loin de là ! C’est à la fois important et très simple. Et bonne nouvelle : depuis quelques années, l’administration des Français de l’étranger se numérise ! Une démarche en ligne qui vous permettra, bien sûr, de renouveler dans de bonnes conditions vos documents administratifs, mais aussi en cas de crise, de recevoir des informations par le biais des îlotiers, éventuellement d’être invité aux festivités du 14 juillet, et surtout permettra que les effectifs du consulat soient calculés en fonction des effectifs réels de la communauté française. Et tant qu’à faire, voici aussi en liste à la Prévert, quelques liens importants pour les Français voyageant ou projetant de s’installer à l’étranger de découvrir : le fil d’Ariane , les ilôtiers , le service France Consulaire et le registre des FdE .

J’en profite aussi pour partager deux joies : D’abord, je suis fière du dynamisme des écoles AEFE dans notre zone. C’est un défi puisque les enfants qui y étudient sont pour plus de 80 % issus de familles non françaises, mais aimant la francophonie. Les parents d’élèves sont partie prenante dans la gestion des établissements et la France soutient fortement grâce aux bourses scolaires (pour les enfants français selon revenu des parents) et à l’envoi de personnel administratif et/ou enseignant. Je me réjouis également du développement des projets Erasmus+ dans la région et ait pu apprendre que des enseignants de Guadeloupe sont venus découvrir les plaisirs de la ruralité en Macédoine du Nord. Le nombre d’étudiants et étudiantes français découvrant notre zone grâce à Erasmus+ est en augmentation. Je leur souhaite que cette découverte entraîne des liens pérennes.